Poésies et Curiosités

par Véronique Dominici  -  31 Mai 2013, 09:44

Installation d'un Cabinet de Curiosité

Galerie- Maison de Fogasses

39 rue des Fourbisseurs Avignon

Sculptures en terre cuite & techniques mixtes

Les personnages ont inspiré un groupe d'écriture vous pourrez les découvrir ci-dessous:

                               -   " La mariée & le scarabée " photo de Gilles Auquier
                               -   " La mariée & le scarabée " photo de Gilles Auquier
                               -   " La mariée & le scarabée " photo de Gilles Auquier

- " La mariée & le scarabée " photo de Gilles Auquier

photo et oeuvres de V Dominici

photo et oeuvres de V Dominici

Passe temps

Passe temps

Il s’est pointé dans l’atelier par un petit matin frisquet.
Je vais squatter a-t-il pensé, la belle rousse a l’air sympa !

Il s’est casé entre la vraie Saint Nitouche en blanc et la fausse Sainte en noir.

Ni vu, ni connu, je ne dépare pas dans le paysage, un cep une rose sur mes dread, un collier de thé, des pompons aux fesses, me voilà paré pour passer l’hiver au chaud en compagnie de Véronique, de sa musique et de ses fantaisies !

Comme il était sympa malgré son regard par en-dessous, ses yeux de poisson et son air arrogant, il est resté jusqu’au printemps et a animé l’atelier de ses blagues et quolibets !

Catherine HERGIBO

Ecrits dans l'Atelier de Véronique DOMINICI le 30 juin 2013

Le voile noir

Le voile noir

Atelier d'écriture

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Celle-ci, c’est la moins rigolote et la plus faux-jeton !

Impénétrable et hiératique, elle nous fait croire qu’elle étreint le corps du Christ à longueur de nuit : voile noir, couronne pas d’épines mais presque, col fermant bien tout accès à la gorge, la voici, Anastasie bientôt sainte entre les saintes !

Mais il faudrait, pour ce faire, qu’elle accepte de se passer de son gri-gri, de son trésor, de son porte-bonheur, de son doudou, de sa boule de Noël quoi ! Objet en totale contradiction avec le dépouillement prôné par l’Abbé : il renferme des grains magiques censés lui redonner – en cas de besoin – le désir des choses de l’ici-bas oubliées depuis bien longtemps. Depuis qu’elle a la tête dans l’au-delà…

Catherine HERGIBO

Le 30 juin 2013

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La sainte

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Je suis une sainte, c’est décidé, j’ai choisi mon domaine des murmures, ce sera celui-là.

C’est ainsi que je me vois, maintenant, au milieu de vous, vous qui peinez encore avec vos viscères et vos sécrétions, vos humeurs et vos liquides séminaux. Pour ma part je prépare mon maque mortuaire à vous laisser en adoration. Je prépare mon embaumement : de moi vous oublierez le tronc et les jambes, et hausserez votre regard en adoration.

Je serai la sainte que vous vous êtes choisie. Celle qui console et réconforte lorsque tout n’est qu’abandon et désespérance.

Je veux que l’on me mette sous cloche, je veux devenir pour tous ceux qui souffrent une allégorie. Que tous les petits enfants qui endurent la peine, que les femmes lapidées, que les vieillards mis à l’écart me rejoignent : je les prends sous mon voile noir, je les embrasse et les serre contre mon petit cœur qui sera bientôt déposé à la sacristie.

Corpus Christi.

Mon corps est une langue morte, la chair s’en est abolie. J’entre en prière, je me retire en moi-même, je n’ai plus besoin de votre monde. On fera de mes vestiges une bonbonnière, de mon corps éthéré un fétiche que l’on suspendra autour de son cou et de mes restes, s’il y en a encore, un grigri pour lutter contre le mauvais œil.

Je me drape de silence, je m’élance vers l’infini, je jette mes artifices aux orties. Je n’ai pas de regret, pas même de ressenti.

Votre monde s’efface, le mien est vert-de-gris.

Florence BALESTAS / 30 Juin 2013

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Mettre le(s) voile(s)

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Maintenant il est trop tard.

Les dés sont jetés, et il me faut, la bouche vermeille, passer à l’autel.

Avec fleurs et couronne.

Organdi et dentelles.

Oublier les belles pulsations de l’enfance, les joues rouges, les doigts tachés de framboise, la langue chargée de cerise. L’innocence n’a rien de pâle, ni de blafard.

La vie à venir, oui.

Elle se dessine dans la lumière blême qui s’écoule des vitraux, spectrale.

Seule une fleur de sang viendra ce soir en égayer la blanche monotonie.

D’ici là, profil bas.

Aujourd’hui, tulle brillant et précieux tour du cou.

En attendant la corde.

Luc MERLIN (juillet 2013)

La mariée

La mariée

Telle je suis : bouche scellée au rouge framboise, yeux fermés, paupières serrées.

Le corps ? A l’abri sous le tulle, la dentelle et l’organdi blancs.

On a posé sur ma tête une couronne de fleurs tristes et mes pensées deviennent poussière.

Je suis cette communiante immaculée que l’on croit vierge et pure, cette poupée de chair plâtreuse à qui l’on a volé sa fraîcheur, une fille qui s’effrite et tombe en miettes.

On a posé sur mon ventre une fleur grande ouverte, mes doigts posés dessus sont des anges gardiens.

Je me protège.

Je me pose et me repose.

Nul accès pour l’intrus à l’affût.

Catherine HEGIBO

Le 30 juin 2013

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Elle est toujours tranquille, immobile et hautaine

avec sa bouche fermée.

Elle a gardé sa robe blanche et cache un corps menu,

impassible et muet.

Un voile transparent et léger l'habille pour des jours

de patience à laisser s'épanouir dans l'atelier des curiosités.

Des gouttes de rêve, des perles de silence, des fleurs de pudeur

ennoblissent sa solitude heureuse.

Elle après d'elle deux compagnons ténébreux qui restent à ses

côtés, en retrait.

Elle ne leur parle pas.

Leur présence cependant la rassure.

KDM

Le 30 juin 2013

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caldarola 21/05/2014 09:47

Le melange entre poesie et l'art de Véronique est super. Bravo.

V Dominici 26/05/2014 20:26

Merci beaucoup Pina